Braque : Etude de composition / &3

Je commence une petite étude de composition. En même temps, je regarde le travail de valeur, le trait, la couleur.. ce que je peux voir en faisant de petits croquis.

Selon le peintre que j’étudie, je peux regarder différentes choses… ou pas… certaines peintures sont trop riches et nécessitent plusieurs approches, comme pour Vermeer…

J’utilise un grand carnet à dessin format A4. J’étudie aussi bien des peintres très connus que des contemporains moins connus, ou carrément inconnus. J’aime faire de nombreuses vignettes, car un seul tableau n’est pas forcément représentatif.

J’aime le faire, je découvre toujours des trucs en faisant ainsi, le dessin m’aide à voir.

Aujourd’hui, c’est le tour de Braque. Je vais noter ce que je constate, ce n’est pas forcément juste, et je peux passer à côté de choses importantes… c’est simplement ce qui me vient à l’esprit en le faisant.

Le contraste est donné par les valeurs, une masse blanche au centre entourée de valeur moyennes et sombres. Je réalise que le trait est travaillé et nuancé, foncé à clair, voir carrément blanc.

Je comprend pourquoi on dit que son dessin est travaillé.. il l’est…

Je suis surprise de constater des zones très blanches.

Je me dis qu’il serait bon que je m’intéresse plus à la forme…

Je passe quelques tableaux en noir et blanc, notamment les séries très cubistes, juste pour voir. Chaque zone est travaillée en valeur, ainsi que l’ensemble du tableau. Cela me surprend un peu pour un peintre dit coloriste, car il me semblait qu’ils n’utilisaient pas les nuances de valeurs mais uniquement la couleur. En fait, je trouve assez amusant de trouver des procédés dits classiques dans un travail comme celui-ci.

Je vais poursuivre mon étude des tableaux de Barque, petit à petit. J’ai trouvé un bouquin qui en parle.. je n’ai pas encore lu, mais simplement en feuilletant et regardant les tableaux présentés (de l’impressionnisme à l’art moderne) j’ai réalisé qu’il est important de regarder son travail dans le contexte et avec ses contemporains. J’y reviendrai sous doute.

George Braque, vidéos / &2

De ce que j’ai pu lire, George Braque a détruit tous ces premiers travaux avant la période fauve.

C’était un grand coloriste, et savait montrer la lumière. Je suis contente de l’avoir vu 🙂 .. un petit plaisir en passant…

Je regrette que l’expo ne soit pas prolongée, j’y serais bien allée une seconde fois.  En prenant plus le temps de me laisser embarquer dans son univers. Faut dire que j’ai dû faire la visite au pas de course, et il y avait beaucoup à voir. Bon, je ne vais pas me plaindre déjà j’ai pu y aller 🙂

Voici une video avec un commentaire sur l’exposition.

Une présentation de l’expo où l’on voit un peu l’envergure des travaux présentés

Et quelques autres tableaux…

# blanc 02, nature morte.. que des mots

Une nature morte blanche… je peux faire un dessin, sur un papier gris, quelque chose de fin, doux, aux crayons de couleur et au porte-mine graphite.

Je pense à une nature morte blanche que j’ai faite il y a quelques années. C’est amusant de réaliser que les sujets qui m’intéressent aujourd’hui sont présents depuis le début. J’ai remarqué cela pour la bobine aussi..  comme des prémisses sur lesquels je vais travailler.. en fait, c’est juste une question d’attirance, de goût…

… un dessin au crayon… puis… quelque chose de très enlevé, juste au trait, sur papier toujours… avec quelques nuances de blancs crèmes, une illustration en quelque sorte.

Et puis une peinture… là, je n’ai pas d’image, c’est l’inconnu…  je me dis que c’est pour cela que je suis tant attirée par la peinture… c’est un inconnu, je ne sais pas où je vais, je ne sais rien… c’est comme approcher un vide, un néant…

J’ai des envies de motifs aussi.. mais stop…

Je prend mon tas d’objets blancs.. je pense à Oudry, une peinture avec une volaille pendue.. je me souviens que cette peinture est perdue, visible nul part, on ne sait pas où elle se trouve. Je l’ai vu dans un livre à la bibliothèque, et je l’ai trouvée belle.
Je pense aussi à un artiste de ma région, dont j’ai vu un dessin dans une galerie.. j’ai noté son nom dans un cahier que j’avais ce jour là car j’ai eu envie d’en voir plus.. il ne reste qu’à retrouver le cahier…

La nature morte, donc… blanche.. un support blanc, je pense commencer par quelque chose de simple, pour voir ce qu’il se passe… quelques objets, une composition classique… pff.. un espèce de napperon rectangulaire blanc s’impose.. une bobine blanche, et une petit boîte en carton…

… j’aime ce blanc, c’est beau. C’est simple dans sa complexité. C’est rien, et c’est tout. Qu’est-ce que je vais faire avec cela ?

Là, je me dis que la peinture est inutile. C’est beau tout seul ces objets. Pourquoi faut-il les peindre ou les dessiner ?

Je pourrais installer plusieurs petites natures mortes ainsi dans mon atelier. Et je resterais contemplative à admirer cette beauté, m’engouffrer dedans, me laisser submerger, envahir.. l’extase, le bonheur… je les imagine bien, toutes les unes à côtés des autres, multitudes d’objets blancs organisés pour la contemplation…

bon, là je me secoue et action…

George Braque au grand Palais / &1

Lorsque l’on va voir une expo au grand Palais le dernier jour, cela donne cela à l’ouverture…

Ce peintre m’a intéressé pour ses collages, que j’ai aperçu sur le net, notamment ses natures mortes très riches et colorées. Et je n’ai pas était déçue.

Comme souvent lors d’une exposition sur un peintre, il est intéressant de voir les différentes périodes et l’évolution chronologique de son travail. C’était bien le cas ici aussi.

Cela commence par une période fauve,

puis cubiste, dans différentes déclinaisons.

Puis viennent les collages, puis les imitations de collages colorés… etc..

Mes impressions à chaud…
Je suis surprise de ne pas voir de travail académique ni d’étude au début de son activité. En a-t-il fait ?

Je trouve ces premiers travaux très barbouillés un peu n’importe comment, et je n’aime pas trop cela. Y’a des trucs, franchement c’est abusé 😀 😀 Puis la touche s’organise, et commence à m’intéresser, notamment lorsqu’elle devient horizontale.

-> je suis donc sensible à la touche

je regarde mes photos en même temps que j’écris, et je me rend compte à quel point cela donne peu de chose par rapport à la réalité..

Je ne me suis pas arrêté au dessin, que j’ai trouvé simpliste voir mal fait dans les paysages du début. J’avais un audio-guide, qui parlait pour certaines grandes natures mortes d’un dessin très poussé et travaillé.. je suis sûre que j’ai fait la moue, c’est un peu abusé de dire cela. Le dessin est très simplifié, souvent déformé. Je pense qu’il est fait très rapidement, et l’essentiel n’était pas là.
Peut être que le mot dessin était utilisé dans le sens travail du trait. Ce qui est différent.

D’ailleurs pour moi, ce n’est pas du tout le dessin qui compte dans son travail.

J’ai été très surprise par son utilisation de la couleur, et j’ai apprécié ses harmonies colorées (même dans certains tableaux fauves du début); mais particulièrement toute la période où il est dans une palette de couleurs terre, brun, ocre, gris. La lumière aussi est très souvent présente, cela m’a rappelé Dali pour cela. J’ai aimé aussi les couleurs utilisées pour ses grandes nature mortes.

J’ai trouvé belles ses natures morte en collage ou imitation collage, sur de grand format, avec une occupation de l’espace intéressante, et une matière riche, des petits jeux amusants (comme copier des collages en peinture).

J’ai moins aimé la texture-matière de sa peinture.. faut dire, je ne suis peu fan du pâté en peinture… j’aime la texture mais sans pâté 😀 En clair il ne fallait pas trop m’approcher.

J’ai apprécié la texture-visuelle, (donc pas matière, bien que les deux étaient liées) et le motif très souvent présent.

Si j’ai trouvé beaucoup de travaux intéressants, et même beaux, une seule peinture m’a touchée vraiment et suscitée une émotion. Je l’ai à peine aperçue et j’ai ressentie la mort. Ensuite, en lisant le cartel, j’ai vu que c’était sa dernière toile. Cela m’a fait une drôle d’impression, j’ai pensé qu’il savait qu’il mourrait.  Peut être je fabule 🙂

J’ai était intéressée par son travail de la ligne, et du motif, notamment dans des gravures à l’eau forte. 

Ah oui, j’ai manqué d’oublier.. j’ai noté quelques phrases intéressantes de Braque ou de personnes ayant écris sur lui.. peut être que j’en lirais plus.

Voilà, je ne rentre pas dans le détail ce soir, ce serait bien que je fasse quelques articles plutôt par thème.
J’ai globalement trouvé cette expo très riche et intéressante, sur pas mal de points. 

J’ai réalisé aussi plusieurs choses.. j’ai l’impression d’avoir dans certains de mes travaux fait des choses.. comment dire… qui m’ont fait pensé à certains travaux de Barque.. de loin certes mais quand même.. peut être j’imagine… je sais pas.. je me souviens notamment d’un de mes premiers dessin, une copie de plâtre de la milo, où le prof avait trouvé très étrange mon dessin en plan géométriques, et m’avait parlé de Braque.. qui était un parfait inconnu pour moi… je pense aussi à des dessins de nature morte fait l’été dernier, et à mes gribouillages de vacances.. je me demande si cela vaut le coup que je me penche plus là-dessus.

.. l’atelier où je me rend est très influencé par le travail de Braque.. je savais que le prof l’appréciait, maintenant en ayant vu l’expo, je réalise que plusieurs élèves sont très inspirés de son travail. Surement par le biais du prof.

Pour conclure… je crois que…
Ce serait intéressant que je fasse un travail sur les expos que je vais voir.
Je ne sais pas… peut être une étude plus poussée de ce qui m’a interpelé, ou une interprétation de quelques œuvres. Cela m’a donné envie de voir comment il peut être intéressant d’interpréter une œuvre (le travail de Picasso me donne la même envie)

Je ne sais pas vraiment dire si j’ai aimé (c’est un constat récurent). Je remarque que mon regard change, j’arrive à voir et « prendre », seulement ce qui m’intéresse chez un artiste, en faisant abstraction de ce qui ne m’interpelle pas.
Parfois, je me demande si j’aime réellement ce que je vais voir 😀 😀

En sortant de l’expo, je me suis dit que Picasso et Braque, et leur contemporains, avaient vraiment eu de la chance de tomber à une époque où le collage n’existait pas, la matière non plus, le cubisme non plus… ils ont du vraiment bien s’amuser !