Portrait d’objets

On m’a demandé.. Pourquoi la nature morte ?
En fait, je ne suis pas peintre de nature morte, je ne le ressens pas comme cela. Ce sont des portraits d’objets. C’est pour ça qu’ils sont le plus souvent représentés seuls.

L’avantage de peindre un objet, c’est qu’on en a toujours sous la main, et que cela permet de peindre d’après nature.

J’ai choisi de regarder ce qui est beau. Certains peignent la souffrance, la laideur.. dénoncent… quand j’ai commencé à peindre, j’ai eu envie qu’on me fiche la paix avec le pseudo rôle de l’artiste qui doit dénoncer les injustices, qui doit être ceci ou cela.. j’ai eu juste envie de peindre. Les injustices de la vie, je crois que je les vois et les ressens bien assez pour ne pas les mettre dans ma peinture. C’était le choix du moment, cela peut changer.
J’ai envie de mettre de l’amour dans ma peinture. J’ai envie d’aimer. J’ai envie que l’on ressente du bonheur en regardant un de mes tableaux, que l’acheteur emmène un petit bout de lumière chez lui, un petit bout du plaisir que j’ai ressenti en le faisant.

Ces petits tableaux, c’est aussi une période où je ne me sentais pas créative, je ne pouvais qu’être contemplative.

La réalisation de ses bobines de fils est très clairement un pur moment de plaisir. Je les ai peintes juste pour le bonheur de peindre. Je me suis assise tous les jours devant elles, pendant plusieurs jours. Je les ai regardées, plusieurs heures.
Voir comment les couleurs se mêlent dans les fils, comment la lumière se pose sur un brin, comment l’ombre vient changer une couleur, comment les creux se forment, comment le volume du fil se crée. Comment exprimer la texture, rendre la fibre, la douceur que l’on devine sans les toucher, juste la sensation du regard. Comment ressentir ce plaisir dans son corps et le transmettre sur un panneau de bois, sans aucun but.

Que le beau, que l’émotion.

Le plaisir du pinceau, sentir la matière peinture et la poser sur le panneau, déplacer la pâte, la sculpter, déplacer les pigments, avec douceur, délicatesse.
Peindre c’est sculpter, c’est caresser, sentir le bois lisse, sentir la matière qui s’étire et se pose, l’accroche de la matière qui colle ou glisse.
Sans compter le plaisir de l’odorat, sentir l’huile de lin, les différences d’odeur entre les différentes couleurs. Choisir les couleurs penser la transformation de la nuance, imaginer comment 2 couleurs entres elles vont se lier pour donner la bonne teinte, on ne sait trop comment.

Regarder le fil naître sur le tableau, comme par magie.

Faire ça, juste pour soi.

Là, en terme de technique, je ne suis plus du tout dans l’alla prima. Le fond est un fond classique, fondu avec de la standolie, l’idée étant d’apporter une richesse de nuances et de la profondeur dans la couleur, exploiter la transparence de l’huile.
La bobine est réalisée en plusieurs séances, enrichie jour après jour, je suis plus dans l’empatement léger.. La difficulté étant de tous les jours travailler la matière huile qui ne sèche pas.. cela a un nom que j’oublie là.. je suis dans l’émotion de raconter alors le technique.. je sais plus trop.. ça me reviendra.

La bobine rose

La bobine jaune

La bobine orange

 

 

 

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